pic


pic

1. pic [ pik ] n. m.
• fin XIVe; a. provenç. pic XIIe; lat. pop. °piccus, class. picus
Oiseau grimpeur de la taille du pigeon (piciformes), nichant dans des trous d'arbres et se nourrissant surtout de vers, de larves qu'il fait sortir des écorces en y frappant à coups répétés de son bec conique. Pic-vert. pivert. Pic épeiche, pic rouge. Pic noir ou pic de montagne. ⊗ HOM. Pique. pic 2. pic [ pik ] n. m.
XIIe; probablt fig. de 1. pic, avec infl. de piquer
Outil composé d'un fer pointu et d'un manche, servant à creuser, casser, détacher une matière dure (roc, ardoise, houille, glace, etc.). Pic de mineur à deux têtes ( rivelaine) . Attaquer une veine de charbon au pic. Pic de maçon ( picot) , de démolisseur ( pioche) , d'alpiniste ( piolet) . Pic à glace. pic 3. pic [ pik ] n. m.
XVIIe; fig. de l'a. fr. pic « coup de pointe » (1397); de piquer
Vieilli Se dit au jeu de piquet, quand le premier à jouer, totalisant 30 points à son compte avant que le second joueur en ait marqué un seul, gagne alors le droit de doubler son avantage et d'annoncer 60 points. Faire pic, repic et capot. pic 4. pic [ pik ] n. m.
• 1350; d'un préroman °pikk, de formation analogue à celle des dér. de °pikkare piquer
Montagne dont le sommet dessine une pointe aiguë. Le pic du Midi de Bigorre. Le pic de Ténériffe. Spécialt La cime elle-même. aiguille, dent. Les pics enneigés des Alpes.
Par métaph. (Didact.) Partie aiguë d'une courbe enregistrée, correspondant à un maximum. Les pics d'une courbe de température. Ce maximum. Des pics de polluion sont à craindre.
5. pic (à) [ apik ] loc. adv.
• 1611; p.-ê. de pic région. « outil à fer tranchant, bêche » (cf. 2. pic); attesté en Normandie côte à pic, en pic (en parlant des falaises)
1Verticalement. Rochers qui s'élèvent à pic au-dessus de la mer. Route qui dévale à pic. Adj. Montagne à pic. escarpé. « Autour des bords à pic d'un gouffre circulaire » (Fargue). N. m. à-pic. Bateau, noyé qui coule à pic, en allant droit au fond de l'eau.
2Fig. et fam. À point nommé, à propos. Vous arrivez à pic. 3. pile. « Il faut, dit-il, reconnaître que ça tombe à pic » (Duhamel).

pic nom masculin (latin populaire piccus, du latin classique picus, pivert) Oiseau insectivore (picidé) des lieux boisés, capturant ses proies sur les arbres, dans l'écorce ou le bois. ● pic (homonymes) nom masculin (latin populaire piccus, du latin classique picus, pivert) pique nom féminin pique nom masculin pique forme conjuguée du verbe piquer piquent forme conjuguée du verbe piquer piques forme conjuguée du verbe piquerpic nom masculin (de pic) Sorte de pioche légère, à une ou deux extrémités terminées en pointe, utilisée par les mineurs et les terrassiers. Outil de coupe des machines d'abattage mécanique pour le travail en roche tendre. Barre métallique pointue avec laquelle on attise un feu. Outil préhistorique en roche dure taillé sommairement en pointe. ● pic nom masculin (ancien provençal pic, sommet) Sommet d'un massif montagneux qui finit en pointe. Partie extrême de la corne d'un gréement aurique, se trouvant en dehors de la voile. Sur un enregistrement ou un diagramme, maximum aigu et bien isolé indiquant un phénomène remarquable ou anormal. ● pic nom masculin (de piquer) À pic, verticalement, dans le vide : Rochers tombant à pic sur la mer. Arriver, tomber à pic, arriver, survenir fort à propos, à point nommé : Cet argent tombe à pic.pic (homonymes) nom masculin (de pic) pique nom féminin pique nom masculin pique forme conjuguée du verbe piquer piquent forme conjuguée du verbe piquer piques forme conjuguée du verbe piquerpic (synonymes) nom masculin (de pic) Barre métallique pointue avec laquelle on attise un feu.
Synonymes :
pic (homonymes) nom masculin (ancien provençal pic, sommet) pique nom féminin pique nom masculin pique forme conjuguée du verbe piquer piquent forme conjuguée du verbe piquer piques forme conjuguée du verbe piquerpic (difficultés) nom masculin (de piquer) Orthographe Paroi à pic, mais un à- pic. → à-picpic (expressions) nom masculin (de piquer) À pic, verticalement, dans le vide : Rochers tombant à pic sur la mer. Arriver, tomber à pic, arriver, survenir fort à propos, à point nommé : Cet argent tombe à pic.pic (homonymes) nom masculin (de piquer) à-pic nom masculin apique forme conjuguée du verbe apiquer

pic (à)
loc. adv.
d1./d Verticalement. Les falaises qui s'élèvent à pic au-dessus de la mer.
Couler à pic, directement au fond de l'eau.
|| n. m. Un à-pic: V. ce mot.
d2./d Fig., Fam. Tomber, arriver à pic, à point nommé, très à propos.
————————
pic
n. m. Instrument fait d'un fer pointu muni d'un manche, qui sert à creuser le roc, à abattre le minerai, etc. Pic de mineur.
————————
pic
n. m. Montagne élevée, au sommet très pointu. Le pic de Ténériffe.
|| Par anal. Sommet d'une courbe (sens II, 2) de forme pointue.
————————
pic
n. m. Oiseau grimpeur (ordre des piciformes) doté de pattes robustes, d'ongles puissants et d'un long bec droit et pointu avec lequel il fend l'écorce des arbres pour trouver les insectes et les larves dont il se nourrit. (Plusieurs espèces de différents genres vivent dans tous les continents, sauf à Madagascar et en Océanie.)

I.
⇒PIC1, subst. masc.
Oiseau grimpeur au plumage très varié, qui niche dans des trous creusés dans les arbres et se nourrit principalement de larves et de vers qu'il va chercher dans l'écorce en la frappant et la creusant par des coups de bec répétés. L'arbre éprouvé mûrement, le pic se l'adjuge, s'y établit; là il exercera son art. Ce bois est creux, donc gâté, donc peuplé; une tribu d'insectes y habite (MICHELET, Oiseau, 1856, p.187):
♦ Si mystérieux, si invisible que soit souvent le pic tout de vert vêtu, dans la feuillée, il nous devient familier. Le pic n'est pas un habitant silencieux (...). Tout le long du tronc d'arbre, son bec, en des coups retentissants, frappe le bois.
BACHELARD, Poét. espace, 1957, p.98.
ORNITH. Genre d'oiseaux de la famille des Picidés, de l'ordre des Piciformes (infra rem.).
Pic épeiche ou pic rouge.
Pic noir ou pic de montagne. Pic de la taille d'une corneille. Les Pics noirs (...) grandes espèces qui recherchent spécialement les conifères, sont répandus en Amérique, en Europe, en Asie et en Indo-Malaisie (Zool., t.4, 1974, p.574 [Encyclop. de la Pléiade]).
Pic-vert. V. pivert.
REM. 1. Pic-bois, subst. masc., région. (Canada), synon. Un tronc d'arbre déchiqueté par les coups de bec tenaces des pics-bois qui le laisseront à moitié mort (V.-L. BEAULIEU, La Nuitte, Montréal, éd. du Jour, 1969, p.139). 2. Picidés, subst. masc. plur., ornith. Famille d'oiseaux comprenant les pics et les torcols. Les Picidés sont un groupe très important de quelque 210 espèces, dont 179 sont très spécialisées et ont évolué vers une morphologie de vrais grimpeurs d'arbres (Zool., t.4, 1974, p.571[Encyclop. de la Pléiade]). 3. Piciformes, subst. masc. plur., ornith. Ordre d'oiseaux comprenant plusieurs familles auxquelles appartiennent les barbus, les indicateurs, les jacamars, les toucans et les picidés. L'ordre des Piciformes comprend plusieurs familles, certaines très spécialisées, dont la plupart habitent les zones tropicales. Ils ont tous deux doigts dirigés en avant et deux en arrière, ce qui permet à beaucoup de grimper aisément le long des arbres (Zool., t.4, 1974, p.567[Encyclop. de la Pléiade]).
Prononc. et Orth.:[pik]. Homon. pique. Att. ds Ac. dep. 1694. L'anc. prononc. [pi] conservée, grâce à la graph., dans le composé pivert encore qqf. écrit pic-vert ou picvert (v. BUBEN 1935, § 194). Étymol. et Hist. Fin du XIVes. (Le Livre des secrez de nature, 322 d'apr. R. ARVEILLER ds Mél. J. Horrent, 1980, p.10). Du lat. pop. piccus «id.» (que l'on suppose d'après les formes ibéro-romanes et gallo-rom.; cf. p.ex. le piémontais, lomb., frioulan pik, le cat. picot, l'esp. pico ainsi que l'a. prov. pic (2e moitié du XIIes. ds RAYN.); issu, par redoublement expr. du c, du lat. class. picus, masc. de pica, v. pie. Bbg. CALLEBAUT (B.). Index hist. et explicatif des n. des oiseaux en fr. Trav. Ling. Gand. 1980, n° 7, p.163. —POIRIER (C.). L'Anglicisme au Québec et l'héritage fr. Trav. Ling. québécoise. 2. Québec, 1978, pp.66-67 (s.v. pic-bois).
II.
⇒PIC2, subst. masc.
A. —Outil constitué par un fer légèrement courbé à une ou deux pointes, fixé à un manche de bois et utilisé notamment pour creuser un sol dur, détacher ou fendre des blocs de roche, démolir un mur. Pic de carrier, de maçon, de mineur, de terrassier; pic de démolisseur. Les maçons donnèrent les coups de pic qui firent gémir la maison et Constance (BALZAC, C. Birotteau, 1837, p.160). Nous étions tous les deux occupés à rentrer des outils du jardin, des pics et des pelles qui avaient servi à creuser des trous (ALAIN-FOURNIER, Meaulnes, 1913, p.53). Il fallut tailler dans le roc et en désagréger les blocs en introduisant dans leurs fissures la dent du pic (RAMUZ, Gde peur mont., 1926, p.129).
ARCHÉOL. Silex allongé taillé à larges éclats, présentant à l'une de ses extrémités ou aux deux, une pointe grossière, ayant pu servir à fouir la terre ou attaquer des roches tendres. Le pic en silex qui pouvait servir à creuser la terre ou le roc (S. BLANC, Init. préhist., 1932, p.69).
B.P. anal.
1. Barre de fer pointue avec laquelle on attise le feu. (Dict.XXes.). Synon. tisonnier.
2. Ce qui comporte une extrémité pointue et, p.méton., cette extrémité. Le coq du clocher se raidit sur son pic de fer (RENARD, Journal, 1900, p.620). Des nichées de corbeaux qui défendaient énergiquement, du pic solide de leur bec, leurs jeunes couvées (PERGAUD, De Goupil, 1910, p.105):
♦ ... le hanneton (...), enfermé sous terre, se trouve tout à coup ce jour-là un parfait mécanicien. De lui-même, de tout son corps, il fait un levier. Son extrémité postérieure se trouve justement être un pic, une forte pointe. Il l'enfonce solidement, s'ancre, s'affermit.
MICHELET, Insecte, 1857, p.81.
Prononc. et Orth.:[pik]. Homon. pique. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1160-74 pis plur. «outil» (WACE, Rou, éd. A. J. Holden, II, 3264). Prob. empl. fig. de pic1, avec infl. du verbe piquer (v. FEW t.8, p.433a-b; 436 a-b et 438a, note 43). Bbg. QUEM. DDL t.6. — Sculpt. 1978, p.594.
III.
⇒PIC3, subst. masc.; À PIC, loc. adv. et loc. adj. inv.; À-PIC, subst. masc. inv.
I.Subst. masc. Montagne dont le sommet, vu à distance, semble former une pointe. Le pic du Ténériffe. L'île ne gardait point son âpre aspect d'autrefois (...). Son pic neigeux s'était affaissé et il n'en subsistait plus qu'une colline (A. FRANCE, Île ping., 1908, p.75). Regardez cet hôtel qui brille là-haut, sur le pic, comme un diamant dans un écrin blanc... Et les couleurs sur la neige (MAUROIS, Climats, 1928, p.201):
1. ... je suis parti à midi pour aller tenter à cheval une excursion dans les montagnes. On m'avait beaucoup parlé du pic de Bergon, d'où l'on voit, comme si l'on était sur les lieux, la cascade de Gavarnie, le pic du Midi et jusqu'aux plaines d'Espagne, Saragosse, etc.
MAINE DE BIRAN, Journal, 1816, p.168.
P. méton. Le sommet lui-même. Pics enneigés des Alpes. Elle se trouvait en montagne avec un groupe de jeunes gens et faisait avec eux l'ascension de je ne sais plus quel pic de La Chartreuse (GREEN, Journal, 1948, p.137).
P. anal. Partie d'une courbe, d'un diagramme correspondant à un maximum. Dès 1964, les docteurs Alain Reinberg et Edwin Sidi démontraient que chez l'homme adulte sain existe un «pic», une réponse maximale à l'injection intradermique d'une quantité fixe d'histamine vers 23 heures, et un «creux» vers 11 heures du matin (Le Monde, 19 juill. 1978, p.11, col. 3).
II.Loc. À pic
A.Loc. adv.
1. Selon une pente proche de la verticale; en pente très raide. La rue (...), escarpée comme une échelle, ressemble, trait pour trait, à ces ruelles de Gênes qui tombent à pic dans la via Balbi (FARRÈRE, Homme qui assass., 1907, p.20). Les chemins qui ramenaient, un peu trop à pic à mon gré, vers Balbec (PROUST, J. filles en fleurs, 1918, p.915):
2. Je venais de Fécamp en suivant la côte, la haute côte droite comme une muraille, avec ses saillies de rochers crayeux tombant à pic dans la mer. J'avais marché depuis le matin sur ce gazon ras, fin et souple comme un tapis, qui pousse au bord de l'abîme sous le vent salé du large.
MAUPASS., Contes et nouv., t.2, Miss Harriet, 1883, p.863.
Couler à pic. V. couler2 A.
MAR. [À propos d'une ancre ou de sa chaîne] Dans une position verticale au cours de la remontée, au moment où l'ancre touche encore le fond (d'apr. GRUSS. 1978). —(...) Le brick appareille! —L'ancre est à pic!... s'écria Pencroff. —Oui, et elle dérape déjà (VERNE, Île myst., 1874, p.446).
2. Au fig., fam. Au moment opportun. Conseil qui arrive, qui tombe à pic. Rachel vous a tapé (...). Vous venez à pic pour la tirer d'une sale angoisse. C'est encore Alexandre, mon cochon de frère, qui a fait des dettes dans les colonies (GIDE, Faux-monn., 1925, p.1127). Tu tombes à pic, Lucie (...). Tous les copains sont présents (DABIT, Hôtel Nord, 1929, p.181):
3. IRÈNE: (...) Mais ils ont l'air de t'avoir déguisé, mon pauvre amour!... GEORGET, vexé: Ça tombe à pic tes plaisanteries!
H. BATAILLE, Maman Colibri, 1904, III, 2, p.21.
B.Loc. adj. inv.
1. Dont la pente est proche de la verticale ou très raide. Côte, montagne à pic. Bâle (...) un air de Germanie du Moyen Âge, des rues à pic où il est impossible de monter deux de front (VILLIERS DE L'I.-A., Corresp., 1869, p.130). Une quinzaine de coupoles bordées au sud par la falaise à pic du Mokattam qui est l'extrémité de la chaîne arabique (BARRÈS, Cahiers, t.6, 1907, p.172):
4. Depuis cet endroit jusqu'au district d'Afareahitu (...), le pays n'est plus qu'une étroite bande de terrain, longue et sinueuse, resserrée entre la mer et les mornes à pic, —au flanc desquels sont accrochées d'impénétrables forêts.
LOTI, Mariage, 1882, p.237.
2. Région. (Canada). Irritable, de mauvaise humeur. Tu es bien à pic ce matin (Canada 1930).
C. Subst. masc. inv. À pic. Endroit très escarpé; versant d'une montagne, d'un terrain dont la pente est très forte. Après trois jours de recherche (...), on découvrait au bas d'un à-pic le corps d'Ulrich Gunther affreusement broyé (BARRÈS, Cahiers, t.10, 1913, p.91). La roche sableuse fait un à-pic d'une centaine de mètres (T'SERSTEVENS, Itinér. esp., 1933, p.92).
Prononc. et Orth. V. pic2. Étymol. et Hist.1. 1690 pic de Teneriffe (FUR.); 2. 1749 «cime d'une montagne faisant partie d'une chaîne» (BUFFON, Hist. nat., t.1, p.255); 2. a) ) 1611 coste à pic ou en pic (COTGR., cité comme mot norm.); 1740 (Ac.: cette montagne est coupée à pic, est à pic); ) 1868 sombrer à pic (VERNE, Enf. cap. Grant, t.3, p.39); b) 1846 tomber, arriver à pic (BESCH.). Surtout en usage dans les parlers méridionaux (ca 1350 d'apr. FEW t.8, 449b, aussi XIVes. ds RAYN.) ainsi qu'en esp. et port. où l'on a pico, pic est att. d'abord sous la forme esp. pico dans un texte fr. de 1674 (THÉVENOT, Suite du voyage de Levant, éd. 1674, p.354) et semble être empr. à l'esp. pico «id.» (att. dans des topon. à partir de la fin du XIes., v. COR.-PASC.), lui-même issu d'un préroman pikk, de formation analogue à celle des dér. de pikkare, v. piquer. V. FEW, loc. cit. Bbg. QUEM. DDL t.17, 27.
IV.
⇒PIC4, subst. masc.
A.JEU DE PIQUET. Coup qui permet au joueur, parvenu à trente points sans que son adversaire ait rien marqué, de doubler son avantage et de marquer soixante points. Faire pic. Une suite traîtresse De pics, de repics, de capots (BÉRANGER, Chans., t.2 1829, p.198).
B.MAR. Partie de la corne d'artimon qui se trouve en dehors de la brigantine ou de l'artimon et, p.ext., corne d'artimon (d'apr. GRUSS 1978).
Prononc. et Orth.:[pik]. Homon. pique. Att. ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist.1. a) 1501 picq «jeu de piquet» (Doc. ds GDF. Compl.); b) jeu de piquet 1585 empl. comme n. de personnage (J. PERRACHE, Le Triomphe du berlan, 19 r° [Guillemot] ds QUEM. DDL t.21); 1656 [éd.] (QUINAULT, L'Amant indiscret, I, 4, p.13: Il me fera vingt fois pic, repic et capot); 2. 1831 mar. «corne d'artimon» (WILL.). Déverbal de piquer.
STAT.Pic1 à 4. Fréq. abs. littér.:1149. Fréq. rel. littér.:XIXes.: a) 2367, b) 2373; XXes.: a) 848, b) 1084.

1. pic [pik] n. m.
ÉTYM. Fin XIVe; anc. provençal pic, XIIe; du lat. pop. piccus, lat. class. picus.
Oiseau grimpeur (Picidés) de la taille du pigeon, nichant dans des trous d'arbres et se nourrissant surtout de vers, de larves qu'il fait sortir des écorces en y frappant à coups répétés de son bec conique. || Pic vert ou pic-vert. Becquebois, pivert. || Pic épeiche, dit aussi pic rouge; pic épeichette. Damette. || Pic noir, dit aussi pic de montagne.
0 Un pic tapait du bec, tout près, dans les écorces. Il s'envola soudain avec un cri trois fois répété.
M. Genevoix, Forêt voisine, VII.
tableau Noms d'oiseaux.
HOM. 2. Pic, 3. pic, 4. pic, pique.
————————
2. pic [pik] n. m.
ÉTYM. V. 1155; probablt par emploi fig. de 1. pic, et sous l'influence du verbe piquer.
Instrument composé d'un fer pointu, légèrement courbé, fixé à un manche en bois par une douille et servant à creuser, casser, détacher une matière dure naturelle : roche, cailloux (cit. 1), ardoise, houille || Le pic, outil du carrier, du terrassier… || Pic de mineur à deux têtes ( Rivelaine), à tête, sans tête. || Attaquer une veine de charbon (cit. 2) au pic. || L'abattage au pic est abandonné. || Pic de démolisseur ( Pioche), de maçon ( Picot). || L'outillage agricole comprend des pics de forme variable pour le défoncement, le labour des sols pierreux.
0 (Le mineur) faisait, avec son pic, une entaille dans le toit, puis une autre dans le mur; et il y calait les deux bouts de bois, qui étayaient ainsi la roche.
Zola, Germinal, I, IV.
tableau Noms d'instruments.
tableau Noms d'outils.
DÉR. 1. Pioche.
HOM. 1. Pic, 3. pic, 4. pic, pique.
————————
3. pic [pik] n. m.
ÉTYM. 1350; d'un préroman pikk, de formation analogue à celle des dér. de pikkare. → Piquer.
———
I
1 Montagne, éminence dont le sommet dessine une pointe très aiguë. || Le pic du Midi de Bigorre. || Le pic de Ténériffe (→ Dresser, cit. 6).Spécialt. Cime pointue. Dent (cit. 29), piton. || Les pics enneigés des Alpes (→ Austérité, cit. 6; 1. glacier, cit. 2), de l'Atlas (→ Empanaché, cit. 4). || Pics et vallées (→ Mur, cit. 18).
0 Parmi un entassement confus de roches amoncelées, au milieu d'un monde varié d'arbres et de verdure, se dressait un pic immense. Ce solitaire, noir et chauve, était trop visiblement le fils des profondes entrailles du globe. Nulle verdure ne l'égayait, nulle saison ne le changeait; l'oiseau s'y posait à peine, comme si, en touchant la masse échappée du feu central, il eût craint de brûler ses ailes.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., Introd., I, III.
2 Par métaphore. Didact. a Partie aiguë d'une courbe enregistrée, correspondant à un maximum. || Les pics d'une courbe de température.Syn. : clocher.
b Ce maximum. || Hier un pic de pollution a été atteint à Paris. || « Après un pic à la fin des années 80, les agressions armées contre les établissements bancaires avaient sensiblement baissé (…) » (le Monde, 22 juin 2000, p. 19).
———
II (1833, in D. D. L.). Mar. anc. « Partie de la corne d'artimon qui se trouve en dehors de la brigantine… » (Gruss).Mod. Corne d'une voile aurique. || Drisse de pic.
CONTR. Gouffre.
HOM. 1. Pic, 2. pic, 4. pic, pique.
————————
4. pic [pik] n. m.
ÉTYM. XVIIe; 1397, « coup porté avec un objet pointu »; par ext. « pointe, tout ce qui est pointu ». Cf. nombreux emplois dialectaux : « piqûre d'insecte, bâtonnet pointu, crochet… »; subst. verbal de piquer.
Technique. Jeux. Anciennt. Se disait, au jeu de piquet, quand le premier à jouer, totalisant 30 points à son compte avant que le second joueur en ait marqué un seul, gagne alors le droit de doubler son avantage et d'annoncer 60 points. || Faire un pic (ou un « soixante »). || Faire pic, repic et capot.Adj. || Faire son partenaire pic, lui infliger un pic (Au fig. → 3. Capot, cit. 1).
COMP. Repic.
HOM. 1. Pic, 2. pic, 3. pic, pique.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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